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90 REGISTRES DU BUREAU [i56i]
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CXXXVIII. — Lettres missives du Roy.
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29 avril i56i. (Fol. 92 r°.)
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De par le Roy.
" Trés chers et bien aînez, nous avons donné charge à noz amez et feaulx les s" de Voisinlieu f1' et de Grantville(2), intendans à noz finances, de passer par nostre ville de Paris et là savoir et entendre de vous, voz fermiers ou autres qui ont congnoissance et charge de lever les aydes et impostz qui vous ont esté cy devant engagez par noz predecesseurs Roys, quel nombre de muys, pipes, poinçons, barriques, fillettes t3' et autres Jaulges de vaisseaulx de vin qui entre chascun an en nostredicte Ville ety passent par
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la riviere, ainsi que plus amplement pourrez entendre de eulx; vous prians, neantmoings ordonnans les croire de ce qu'ilz vous en diront, et en ce tenir main, en leur aydant et favorisans pour nostre service autant que faire se pourra, et vous nous ferez service trés agreable; si gardez d'y faire faulte, car tel est nostre plaisir.
"Donné à Fontainebleaue, le vingtneufièsme jour d'Avril mil vc lxi."
Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : Hurault.
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CXXXIX. — Venue du Roy de Navarre à Paris.
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2 mai i56i.
Du 11e jour de May v° lxi.
Au jour d'huy, est venu en ceste ville de Paris le Roy de Navarre, lequel a mandé Mess" de la Ville et leur a baillé les lettres du Roy, dont la teneur ensuit :
3o avril. De par le Roy.
"Trés chers et bien amez, après avoir entendu la sédition W qui est puis nagueres advenue en nostre ville de Paris à nostre très grand regret et desplaisir, nous avons advisé envoyer en nostre ville nostre trés cher et trés amé oncle le Roy de Navarre, nostre
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(Fol. 9, r°.)
Lieutenant general representant nostre personne en tous noz royaulme et pays, pour y faire donner l'ordre et provision neccessaire; et luy ayant donné charge de vous dire aucunes choses de nostre part f.5', nous vous mandons et ordonnons que vous le croyez et luy adjoustez la mesme foy que feriez à nostre propre personne; et n'y faictes faulte, car tel est nostre plaisir.
"Donné à Fontainebleaue, le dernier jour d'Avril mil vc lxi."
Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : Bourdin.
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O Jean Le Comte, seigneur de Voisinlieu, conseiller d'État, était déjà dans l'administration des finances en 1553, comme il se voit par une lettre de Catherine de Médicis du 3 septembre de celte année à M. de Lezigny. Le sr de Voisinlieu épousa Marie Bourdelol.
(2) Charles Le Prevost, sr de Grandville, surintendant des finances. Voir une lettre de ce personnage aux généraux des Monnaies, du 22 mai i56i. (Archives nationales, Cour dcsMonnaies, Z1" 65, fol. 183 r°.)
"' Fillettes, plus communément/euillettes, futailles propres à mettre du vin (Dict, de Trévoux).
(4) L'effervescence populaire, surexcitée tant par les provocations des huguenots que par les violents discours des prédicateurs pendant la semaine sainte, finit par amener de graves désordres ; dans la première quinzaine d'avril, il y eut une sédition causée par un conven-ticule tenu dans une maison près de Saint-Eustache, où quatorze des assistants furent arrêtés par les prévôts des Maréchaux, et une autre émotion à Popincourt. Ce n'était que le prélude de scènes plus regrettables qui se produisirent dans le Pré-aux-Clercs. La maison du s' de Longjumeau, où se réunissaient les protestants, fut assaillie par le peuple qui força les portes, et rompit les verrières; le sr de Longjumeau avec douze gentilshommes de ses amis ayant fait une sortie pour dégager sa maison, plusieurs personnes furent tuées dans celte bagarre, notamment une pauvre femme passant là par hasard; le tumulte se prolongea depuis le jeudi 24 avril jusqu'au dimanche suivant. Les mesures Ies plus sévères furent prises pour empêcher le renouvellement de pareilles émeutes: le Parlement fit évacuer la maison du sr de Longjumeau, enjoignit au recteur de l'Université de maintenir les écoliers, pendant que les sergents de la barrière du pont Saint-Michel et de la barrière du Petit Pont avaient ordre d'occuper les avenues de Saint-Gerniain-des-Prés et la porte de Nesle pour empêcher toute invasion du Pré-aux-Clercs. (Arc/mies nationales, Parlement de Paris, X" 1597, -0'" -1 v°' *"-* r°' 7''"7^-) Charles IX, par lettres du 3o avril i56i, annonça au Parlement l'envoi de son oncle, le roi de Navarre, chargé ird'entendre quel ordre avoit été donné par la Cour au sujet de la sédition du Pré-aux-Clercs» et de signifier les intentions du Roi. (Archives nationales, Parlement de Paris, X" 1 597, -0'- 83 v°.)
<5' Voir dans les manuscrits du fonds Brienne, n° 205, fol. 256, "les instructions au Roy de Navarre allant à Paris pour pourvoir aux séditions."
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